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rédigé par Johanna Zidani

Étudiante en Communication Digitale et Entreprenariat numérique

Posté le

Le nouvel age d’or du documentaire

production documentaire

400 millions d’euros, c’est le montant annuel d’investissement fait pour la production de documentaire en France. Alors que la plateforme de streaming, Netflix, a remis au premier plan le documentaire aux États-Unis, en France c’est un genre qui est présent depuis longtemps et dans lequel beaucoup d’argent est investi chaque année.
Les années cinquante caractérisent l’âge d’or du documentaire dans les pays européens. En effet, ce format n’a fait que croitre en popularité jusqu’à maintenant. La France est le deuxième pays européen à produire le plus de documentaire après la Grande-Bretagne, et ce n’est pas pour rien. Les chaînes publiques, comme Arte ou France Télévision, ont depuis longtemps misé sur ce type de production, jusqu’à investir 40 millions d’euros pour Arte.
Le festivale Media en Seine a consacré justement une conférence à ce sujet, réunissant plusieurs invités du milieu pour un débat sur l’Âge d’or du documentaire

Vers une révolution des contenus ?

conférence média en scènes

Alors que Netflix a remis en avant le documentaire et investit énormément dans ce format, nous voyons apparaitre de plus en plus de documentaires sur diverses chaines. Lors d’une interview, Lisa Nishimura, manager du département documentaire chez Netflix, avance que 75% des abonnés ont regardé un documentaire en 2017. Ce chiffre, qui n’aurait pas été le même il y a quelques années, montre l’essor actuel du documentaire, d’où un possible nouvel Âge d’or du documentaire. Lors du débat, la question s’est posée sur la légitimité de Netflix d’avoir popularisé le documentaire. Alors que l’opinion diverge à ce sujet, la France a toujours valorisé ce format en attribuant des aides aux producteurs et en dédiant des grilles de programmes entiers sur les chaines publiques. Catherine Alvaresse, Directrice de l’unité documentaire de France 2, aborde le sujet des audiences de diffusion en avançant qu’il y a maintenant une plus grande diversité de choix de programme, donc des audiences moins fortes. Néanmoins elle déclare que les audiences en prime time pour un documentaire se situeraient autour de 2,8 millions de téléspectateurs.

« Ce n’est pas le nouvel Âge d’or du documentaire mais une révolution des contenus en général »

 « Ce n’est pas le nouvel Âge d’or du documentaire mais une révolution des contenus en général » déclare Catherine Alvaresse. Avec l’arrivée des plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon, les contenus sont mis en avant et de nouveaux formats voient le jour. « Le public change d’usage et de choix de contenus » déclare Justine Planchon, Directrice des programmes de Troisième Oeil Production. Ce sont les nouvelles écritures qui accompagnent l’ascension du documentaire. Tout comme n’importe quelle production, c’est la manière dont on la construit qui attise l’intérêt ou la repousse. Justine Planchon démontre l’exemple du documentaire sur Macron qu’elle a produit, finalement diffusé en prime time sur TF1. Alors qu’elle souhaitait montrer les coulisses de l’élection du président, elle a pris un risque en suivant sa campagne avant même de savoir s’il allait être élue ou non. Le secret serait donc de prendre des risques et de soigner l’écriture. Pour ce documentaire, elle souhaitait le plus de précision et a donc opté pour un format sans commentaire oral, mais plutôt une musique dynamique pour accompagner les images.

Prise de risques et financement du documentaire

Prendre des risques est donc le mot d’ordre dans ce domaine. Proposer un documentaire en prime time est un bon exemple de risque qu’on prit certaines chaines. TF1 a d’ailleurs proposé un documentaire montrant les coulisses de l’Équipe de France lors de la coupe du Monde en prime time. Néanmoins les chaines comme TF1 et M6 se contentent de diffuser des documentaires événements pour ne pas perturber leurs audiences.
C’est là où Netflix se démarque. Ils disposent d’une certaine souplesse de contenus et ont des budgets propices à la prise de risque. Chose que certains petits producteurs ne pourraient pas forcément faire. « On pense encore que les docs sont ennuyeux, austères… Mon but est de changer cela. Nous encourageons les réalisateurs à défendre une vision très personnelle. Cela peut passer par de l’animation, des cadrages, la musique… Notre atout : la flexibilité des formats. On peut faire un cout métrage, un long, ou encore une série. » déclare Lisa Nishimura pour Grazia France.
Lors du débat, divers problèmes se posent autour de Netflix. Très peu d’informations et de statistiques sortent du géant Netflix. Mais le peu montre une montée fulgurante de visionnage de documentaire. Néanmoins ce succès est au détriment des petits créateurs qui se voient dépendant des aides de l’État.

« Netflix est pointé du doigt comme un aspirateur de talent, qui exploiterait les droits de ses productions »

Netflix est alors pointé du doigt comme un aspirateur de talent et de projet, qui exploiterait les droits de ses productions. En France, c’est le CNC qui accorde des aides aux producteurs de documentaires. Mais pour cela, le documentaire doit respecter quelques règles ce qui empêche une liberté totale de création d’après Justine Planchon. Netflix permet donc une aide financière très attrayante mais contre une cession de droits pour 30 ans, ce qui n’est pas bénéfique pour le créateur.

Nous assistons donc à un tournant dans l’univers des contenus et des documentaires. Les plateformes de streaming à la demande ont permis la mise en avant de ce format autrefois consacré aux chaines publics. Ces plateformes étant internationales, cela augmente le public et la diffusion n’a plus de barrière en termes d’horaires, de langues ou de lieu. Nous pouvons consommer ce type de contenu où nous le souhaitons. N’oublions pas non plus qu’un documentaire est généralement moins chère à produire qu’une fiction, ce qui permet une production plus généreuse de contenus. Le documentaire a donc un bel avenir devant lui.

En savoir plus

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